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Convention collective commerce de gros (IDCC 573) : obligations employeur

Dairia IA · 17 août 2026 · 6 min de lecture

Convention collective commerce de gros (IDCC 573) : le guide employeur

Si votre entreprise relève du commerce de gros, vous appliquez la convention collective nationale des commerces de gros du 23 juin 1970 (IDCC 573, brochure JO 3044). Elle s’impose à vous dès lors que votre activité principale correspond au champ conventionnel, et vous devez en respecter les dispositions plus favorables que le Code du travail : classifications, salaires minima hiérarchiques, préavis, indemnités de licenciement, prévoyance et congés.

Concrètement, votre obligation ne se limite pas à mentionner l’IDCC sur les bulletins de paie (obligation posée par l’article R.3243-1 du Code du travail) : vous devez piloter chaque contrat, chaque paie et chaque rupture à l’aune de ce texte. Voici les points de vigilance côté employeur.

Quel est le champ d’application et comment vérifier que vous relevez de l’IDCC 573

La convention collective des commerces de gros couvre les entreprises dont l’activité principale consiste à acheter des marchandises pour les revendre à des professionnels (détaillants, industriels, autres grossistes, collectivités), et non directement aux consommateurs finaux. Sont concernés de nombreux codes APE relevant du négoce interentreprises.

Pour sécuriser votre rattachement, la règle est simple : c’est l’activité réelle principale de l’entreprise qui détermine la convention applicable, et non le code APE attribué par l’INSEE, qui n’a qu’une valeur indicative (Cass. soc., jurisprudence constante). Un code APE erroné ne vous protège pas si votre activité réelle relève d’un autre champ.

Points à contrôler dans votre entreprise :

  • Votre activité principale : revendez-vous majoritairement à des professionnels ? Si vous vendez surtout au consommateur final, vous relevez plutôt du commerce de détail.
  • Les exclusions : certaines branches spécialisées (pharmaceutique, produits alimentaires spécifiques, papeterie, etc.) disposent de leurs propres conventions. Vérifiez qu’aucune convention plus spécifique ne prime.
  • La mention sur le bulletin de paie et l’affichage : l’intitulé de la convention doit figurer sur les bulletins (article R.3243-1 du Code du travail) et vous devez informer les salariés du texte applicable et de ses conditions de consultation (article R.2262-1 du Code du travail).

En cas de doute sur votre rattachement, faites valider l’analyse par votre conseil : une erreur de convention peut entraîner des rappels de salaires, d’indemnités et de cotisations sur plusieurs années.

Classifications et salaires minima : vos obligations de rémunération

La convention 573 organise une grille de classification distinguant plusieurs catégories (employés, agents de maîtrise, techniciens, cadres) réparties en niveaux et échelons. Chaque position se voit affecter un coefficient hiérarchique, auquel correspond un salaire minimum conventionnel fixé par les avenants salaires régulièrement renégociés par la branche.

Vos obligations concrètes :

  1. Classer chaque salarié selon les critères de la grille (nature des fonctions, autonomie, responsabilité), en cohérence avec les tâches réellement exercées.
  2. Respecter le salaire minimum conventionnel attaché au coefficient. Ce minimum ne peut être inférieur au SMIC : lorsque la grille de branche est dépassée par la revalorisation du SMIC, c’est le SMIC qui s’applique (article L.3231-2 du Code du travail).
  3. Vérifier l’assiette de comparaison : selon les stipulations de l’avenant salaires en vigueur, certains éléments de rémunération peuvent ou non être intégrés dans la comparaison au minimum. Analysez précisément le texte applicable.
  4. Actualiser vos paies à chaque nouvel avenant salaires étendu.

Un classement inadapté (coefficient sous-évalué) expose votre entreprise à un rappel de salaire et à un contentieux prud’homal. La classification doit donc suivre l’évolution réelle des fonctions.

Contrat de travail, période d’essai et préavis

La convention encadre plusieurs éléments du contrat que vous devez respecter dès l’embauche et jusqu’à la rupture.

Période d’essai : les durées maximales sont fixées par l’article L.1221-19 du Code du travail (2 mois pour les employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres), avec renouvellement possible dans les conditions légales. Vérifiez que les stipulations conventionnelles ne prévoient pas de durée différente, sachant que depuis les ordonnances de 2017 les durées légales priment sauf dispositions plus courtes.

Préavis de rupture : la convention fixe des durées de préavis variant selon la catégorie professionnelle et l’ancienneté. Pour un licenciement, le préavis légal minimal est d’un mois entre 6 mois et 2 ans d’ancienneté, et de deux mois au-delà (article L.1234-1 du Code du travail) ; la convention peut prévoir des durées plus longues, notamment pour les cadres, que vous devez appliquer.

Indemnité de licenciement : vous devez comparer l’indemnité légale (article R.1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà) avec l’indemnité conventionnelle, et retenir la plus favorable au salarié.

Durée du travail, congés et prévoyance

Durée du travail : la convention et ses accords de branche peuvent aménager la répartition du temps de travail, les majorations d’heures supplémentaires et le travail du dimanche. La base légale reste 35 heures hebdomadaires (article L.3121-27 du Code du travail), les majorations d’heures supplémentaires étant fixées par accord ou, à défaut, par l’article L.3121-36 du Code du travail (25 % puis 50 %).

Congés et jours pour événements familiaux : au-delà des cinq semaines légales (article L.3141-3 du Code du travail), vérifiez si la convention accorde des jours supplémentaires liés à l’ancienneté et si les congés pour événements familiaux dépassent les planchers de l’article L.3142-4 du Code du travail (mariage, naissance, décès, etc.).

Prévoyance et frais de santé : la branche impose un régime de prévoyance collective (incapacité, invalidité, décès) et vous êtes tenu, comme tout employeur, de proposer une couverture complémentaire santé collective avec participation d’au moins 50 % (article L.911-7 du Code de la sécurité sociale). Vérifiez la conformité de vos contrats aux garanties minimales de la branche.

Comment DAIRIA IA vous aide à appliquer la convention 573

Suivre les avenants successifs, croiser une classification avec le bon salaire minimum, vérifier une durée de préavis ou l’articulation entre convention et Code du travail représente un travail chronophage pour un service RH. DAIRIA IA répond en langage naturel à vos questions de droit du travail, de paie et de sécurité sociale, et cite systématiquement ses sources (Code du travail, convention collective, BOSS, jurisprudence).

Vous posez une question précise — « Quel préavis de licenciement pour un agent de maîtrise ayant 4 ans d’ancienneté ? », « Quel est le salaire minimum pour tel coefficient ? », « Comment comparer indemnité légale et conventionnelle ? » — et DAIRIA IA vous apporte une réponse sourcée et vérifiable, que vous pouvez soumettre à votre conseil. L’outil ne se substitue pas à votre juriste ou à votre avocat : il outille vos décisions et vous fait gagner du temps sur la recherche.

Questions fréquentes

Comment savoir avec certitude si mon entreprise relève de l’IDCC 573 ?

C’est l’activité principale réelle de votre entreprise qui détermine la convention, pas le code APE, qui n’a qu’une valeur indicative. Si vous vendez majoritairement à des professionnels pour la revente, vous relevez a priori du commerce de gros, sauf convention plus spécifique. Faites valider l’analyse par votre conseil, car une erreur expose à des rappels sur plusieurs années.

Le salaire minimum conventionnel peut-il être inférieur au SMIC ?

Non. Lorsque le salaire minimum d’un coefficient est rattrapé par la revalorisation du SMIC, vous devez appliquer le SMIC (article L.3231-2 du Code du travail). Vous devez toujours retenir le montant le plus favorable au salarié entre grille conventionnelle et SMIC.

Quelle durée de préavis dois-je appliquer en cas de licenciement ?

Vous comparez le préavis légal (article L.1234-1 du Code du travail) et le préavis prévu par la convention selon la catégorie et l’ancienneté du salarié, puis vous appliquez la durée la plus favorable au salarié. Pour les cadres, la convention prévoit fréquemment un préavis plus long.

Suis-je obligé de mentionner la convention collective sur le bulletin de paie ?

Oui. L’intitulé de la convention collective applicable doit figurer sur chaque bulletin de paie (article R.3243-1 du Code du travail). Vous devez aussi informer les salariés du texte applicable et de ses conditions de consultation (article R.2262-1 du Code du travail).

Que risque mon entreprise si j’applique une mauvaise classification ?

Un coefficient sous-évalué expose l’entreprise à un rappel de salaire correspondant à la différence avec le salaire minimum du bon coefficient, majoré des congés payés et cotisations, sur toute la période concernée, ainsi qu’à un contentieux prud’homal. La classification doit refléter les fonctions réellement exercées.


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