Aller au contenu principal
← Retour au blog

Sollicitations en congés : procédure compliance et traçabilité RH

Dairia IA · 3 août 2026 · 6 min de lecture

Sollicitation pendant les congés : le salarié peut refuser, et voici comment le tracer

Un salarié en congés payés n’est plus subordonné à l’employeur : il n’a aucune obligation de répondre aux appels, mails ou sollicitations professionnelles. Le droit à la déconnexion (art. L.2242-17, 7° du Code du travail) impose à l’employeur d’organiser les modalités d’exercice de ce droit. Concrètement : si un salarié effectue une prestation de travail pendant ses congés à la demande de l’employeur, ce temps devient du temps de travail effectif (art. L.3121-1) — donc rémunéré, avec les heures supplémentaires afférentes, et le jour de congé « consommé » n’en est plus un. Pour le service RH/paie, la conséquence est immédiate : un congé pendant lequel le salarié a réellement travaillé n’est pas juridiquement un congé. Voici la procédure pour cadrer les demandes, documenter les refus et sécuriser la paie.

Ce que dit le droit : congés = suspension de la subordination

Pendant les congés payés, le contrat de travail est suspendu. Le salarié conserve son emploi mais n’exécute plus sa prestation. L’employeur ne peut donc pas exiger de travail : aucune sanction disciplinaire ne peut être fondée sur le refus d’un salarié de répondre pendant ses vacances.

Le droit à la déconnexion (art. L.2242-17, 7°) figure parmi les thèmes de la négociation obligatoire dans les entreprises dotées de délégués syndicaux. À défaut d’accord, l’employeur élabore une charte. Ce texte définit les plages où les outils numériques ne doivent pas être sollicités — période de congés incluse.

Point de vigilance paie : si le salarié travaille malgré tout pendant un jour de congé posé, ce jour n’est pas valablement pris. Le solde de congés doit être recrédité. Ne pas le faire expose l’employeur à une réclamation sur le fondement du non-respect du droit aux congés (art. L.3141-1 et suivants).

Distinguer sollicitation, astreinte et travail effectif

Toutes les sollicitations ne se valent pas. Le service RH doit qualifier avant de payer.

SituationQualificationRémunération
Mail non lu, appel ignoréAucune prestationCongé normal, aucun impact
Salarié répond ponctuellement (5 min)Temps de travail effectifÀ rémunérer, congé partiellement remis en cause
Salarié mobilisé plusieurs heuresTemps de travail effectif + HS éventuellesCongé du jour recrédité
Salarié « joignable » sans interventionAstreinte (si prévue)Indemnité d’astreinte, pas temps de travail

L’astreinte (art. L.3121-9) suppose un cadre conventionnel ou un accord : elle ne s’improvise pas pendant des congés. Un employeur qui place de fait un salarié « en veille » pendant ses vacances sans base juridique s’expose à une requalification en temps de travail effectif.

Le verbatim terrain que personne ne trace

Un juriste RH le résume ainsi : « Le vrai problème n’est pas l’appel du manager. C’est qu’aucun système ne fait remonter que Madame X a répondu à trois mails clients pendant ses deux jours de RTT en août. Six mois plus tard, elle réclame ses jours et ses heures — et la paie n’a aucune trace pour contester ou pour payer correctement. »

C’est là que se situe le risque réel : non pas dans la sollicitation isolée, mais dans l’absence de traçabilité. Sans preuve écrite de la demande de l’employeur et de la réponse du salarié, le litige se règle sur déclarations, à charge pour l’employeur de démontrer que le salarié n’a pas travaillé — preuve quasi impossible à rapporter.

Procédure de conformité en 6 étapes

Étape 1 — Cadrer en amont (avant la période de congés). Qui : RH. Document à produire : rappel écrit de la charte de déconnexion, diffusé avant l’été. Contenu : plages de non-sollicitation, personnes habilitées à contacter un salarié en congés, canal unique de sollicitation.

Étape 2 — Formaliser toute demande exceptionnelle. Qui : manager. Quoi : aucune sollicitation orale. Toute demande de travail pendant congés passe par un écrit (mail dédié) précisant la tâche et la durée estimée. Preuve : le mail horodaté.

Étape 3 — Recueillir l’accord ou le refus. Le salarié n’a pas à se justifier de son refus. En cas d’accord, sa réponse écrite matérialise le consentement et le temps travaillé.

Étape 4 — Décompter le temps réel. Qui : manager + salarié. Document : relevé du temps effectivement travaillé (durée, date). Ce relevé alimente la paie.

Étape 5 — Ajuster paie et compteurs. Qui : gestionnaire paie. Deux actions : rémunérer le temps de travail effectif (HS incluses le cas échéant), et recréditer le jour de congé si le salarié a travaillé une durée significative sur un jour posé.

Étape 6 — Archiver. Conserver mail de demande, réponse et relevé de temps dans le dossier du salarié. Durée de conservation alignée sur la prescription des créances salariales (3 ans, art. L.3245-1).

Le gain de temps réel : 20 minutes par litige évité

Le coût caché d’une sollicitation non tracée n’est pas le paiement des heures — c’est le temps de reconstitution a posteriori. Retrouver qui a demandé quoi, croiser les agendas, arbitrer sans preuve : chaque dossier mobilise facilement une demi-journée de juriste. Une procédure écrite déplace l’effort de quelques minutes en amont (un mail formalisé) au lieu de plusieurs heures en aval.

Sur un site industriel où l’encadrement reste sollicité l’été, formaliser 15 demandes exceptionnelles par courriel plutôt que par SMS évite une dizaine de réclamations de fin d’année. Le calcul manuel est simple : 15 mails × 3 min = 45 min d’amont, contre 10 litiges × 30 min = 5 h d’aval.

Où DAIRIA IA intervient dans le cadrage

Face à une situation ambiguë — « Ce salarié qui a répondu 20 minutes doit-il être payé en heures supplémentaires ? Faut-il recréditer sa journée ? » — le gestionnaire paie interroge DAIRIA IA, qui répond de façon sourcée en citant les articles applicables (temps de travail effectif, droit à la déconnexion, décompte des congés) et oriente sur la qualification à retenir. L’IA outille la décision et fait gagner du temps sur la compréhension du régime ; elle ne se substitue pas au traitement en paie ni à l’avocat pour un litige constitué. Pour un contentieux ou un audit des pratiques de déconnexion, le cabinet intervient.

Questions fréquentes

Un salarié peut-il être sanctionné pour ne pas avoir répondu pendant ses congés ?

Non. Le contrat étant suspendu, le refus de travailler ou de répondre pendant les congés ne constitue pas une faute. Toute sanction sur ce fondement serait dépourvue de cause réelle et sérieuse.

Répondre à un seul mail « grille-t-il » toute la journée de congé ?

Non automatiquement. Une réponse brève reste du temps de travail effectif à rémunérer, mais ne remet en cause le jour de congé que si la durée travaillée est significative. Le décompte se fait au réel, appuyé sur un relevé horodaté.

Le droit à la déconnexion s’applique-t-il aux cadres au forfait jours ?

Oui. Les cadres en forfait jours bénéficient du droit à la déconnexion (art. L.2242-17, 7°) et du repos quotidien et hebdomadaire. Les modalités doivent figurer dans l’accord collectif encadrant le forfait.

Comment prouver qu’un salarié a travaillé pendant ses congés ?

Par tout écrit : mail de demande de l’employeur, réponse du salarié, relevé de temps signé. À défaut d’écrit, la charge de la preuve pèse largement sur l’employeur, qui ne peut établir un fait négatif.

Faut-il payer des heures supplémentaires pour du travail pendant congés ?

Oui, si le temps travaillé fait dépasser le seuil hebdomadaire de déclenchement. Le temps de travail effectif accompli pendant les congés s’agrège au temps de la semaine concernée pour le calcul des majorations.

Une charte de déconnexion suffit-elle si l’entreprise n’a pas de délégué syndical ?

Oui. En l’absence de délégué syndical, l’employeur élabore une charte après avis du CSE. Elle définit les modalités du droit à la déconnexion et les périodes de non-sollicitation.

Une question juridique ? Posez-la à Dairia IA

Réponses immédiates, sourcées Code du travail et jurisprudence. Essai gratuit 7 jours.

Essayer gratuitement →

La newsletter Dairia IA

1 email/mois · Cas d'usage, tips, actualité employeur

Un souci ? Une question ?

Appelez directement Sofiane Coly, fondateur de Dairia IA.

06 72 42 24 86 [email protected]