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Comment r\u00e9pondre \u00e0 une demande de rupture conventionnelle ? Guide employeur

DAIRIA Avocats · 28 mars 2026 · 3 min de lecture
Comment r\u00e9pondre \u00e0 une demande de rupture conventionnelle ? Guide employeur

La rupture conventionnelle est devenue le mode de s\u00e9paration privil\u00e9gi\u00e9 en France. Quand un salari\u00e9 en fait la demande, l’employeur n’a aucune obligation d’accepter. Mais il a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 r\u00e9pondre correctement. Voici comment proc\u00e9der.

Le principe : aucune obligation d’accepter

La rupture conventionnelle repose sur le consentement mutuel des deux parties (article L.1237-11 du Code du travail). L’employeur est parfaitement libre de refuser la demande, sans avoir \u00e0 justifier sa d\u00e9cision. Inversement, aucune pression ne doit \u00eatre exerc\u00e9e sur le salari\u00e9 pour qu’il accepte. La libert\u00e9 de consentement est un \u00e9l\u00e9ment essentiel : un vice du consentement entra\u00eene la nullit\u00e9 de la rupture.

Analyser l’opportunit\u00e9 avant de r\u00e9pondre

Avant de donner votre r\u00e9ponse, \u00e9valuez les aspects suivants :

  • Le co\u00fbt : l’indemnit\u00e9 sp\u00e9cifique de rupture conventionnelle est au minimum \u00e9gale \u00e0 l’indemnit\u00e9 l\u00e9gale de licenciement. S’ajoute la contribution patronale sp\u00e9cifique (30 % de l’indemnit\u00e9 exon\u00e9r\u00e9e) depuis le 1er septembre 2023 ;
  • Le contexte : le salari\u00e9 est-il performant ? Serait-il difficile \u00e0 remplacer ? Y a-t-il un conflit sous-jacent ? ;
  • Les risques : un refus peut d\u00e9motiver le salari\u00e9 ou aggraver un conflit existant ;
  • L’alternative : une d\u00e9mission serait moins co\u00fbteuse, mais le salari\u00e9 n’y a pas int\u00e9r\u00eat (pas de ch\u00f4mage).

La proc\u00e9dure en cas d’acceptation

Si vous acceptez le principe de la rupture conventionnelle, la proc\u00e9dure est la suivante :

  • Entretien(s) : au moins un entretien entre les parties. Le salari\u00e9 peut se faire assister par un salari\u00e9 de l’entreprise ou un conseiller ext\u00e9rieur ;
  • Signature de la convention : le formulaire Cerfa n\u00b012596*01 pr\u00e9cise la date de rupture et le montant de l’indemnit\u00e9 ;
  • D\u00e9lai de r\u00e9tractation : 15 jours calendaires \u00e0 compter du lendemain de la signature, durant lesquels chaque partie peut se r\u00e9tracter ;
  • Homologation : la convention est transmise \u00e0 la DREETS, qui dispose de 15 jours ouvr\u00e9s pour l’homologuer. L’absence de r\u00e9ponse vaut homologation.

La n\u00e9gociation de l’indemnit\u00e9

L’indemnit\u00e9 sp\u00e9cifique de rupture conventionnelle ne peut pas \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 l’indemnit\u00e9 l\u00e9gale ou conventionnelle de licenciement. En pratique, le salari\u00e9 n\u00e9gocie souvent un montant sup\u00e9rieur. L’employeur doit peser le co\u00fbt de l’indemnit\u00e9 n\u00e9goci\u00e9e face au co\u00fbt d’un \u00e9ventuel licenciement contentieux.

Depuis le 1er septembre 2023, la contribution patronale sp\u00e9cifique est de 30 % de l’indemnit\u00e9 exon\u00e9r\u00e9e de cotisations, contre 20 % auparavant. Ce surco\u00fbt doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans le calcul.

Les cas particuliers

La rupture conventionnelle est interdite ou soumise \u00e0 des r\u00e8gles sp\u00e9cifiques dans certaines situations :

  • Salari\u00e9 prot\u00e9g\u00e9 : la rupture conventionnelle est soumise \u00e0 l’autorisation de l’inspecteur du travail ;
  • Salari\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 inapte : la rupture conventionnelle est possible mais d\u00e9conseill\u00e9e (risque de requalification) ;
  • Harc\u00e8lement : si la rupture est sign\u00e9e dans un contexte de harc\u00e8lement, elle peut \u00eatre annul\u00e9e pour vice du consentement ;
  • Contexte de conflit : un conflit ne rend pas la rupture conventionnelle nulle, sauf s’il vicie le consentement.

La r\u00e9ponse en cas de refus

Si vous refusez la demande, il est pr\u00e9f\u00e9rable de :

  • R\u00e9pondre par \u00e9crit, de mani\u00e8re courtoise et neutre ;
  • Ne pas justifier le refus (vous n’y \u00eates pas oblig\u00e9) ;
  • Proposer un \u00e9change pour comprendre les motivations du salari\u00e9 ;
  • Envisager d’autres solutions (mobilit\u00e9 interne, am\u00e9nagement du poste).

Nos recommandations

La rupture conventionnelle est souvent la solution la plus s\u00e9curis\u00e9e pour se s\u00e9parer d’un salari\u00e9 sans risque contentieux. Son co\u00fbt est pr\u00e9visible et elle pr\u00e9serve la relation. N\u00e9gociez avec transparence, respectez les d\u00e9lais, et faites-vous accompagner si les montants en jeu sont importants.

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