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Embaucher son premier salarié : le guide complet pour ne rien oublier

DAIRIA Avocats · 20 juin 2025 · 5 min de lecture
Embaucher son premier salarié : le guide complet pour ne rien oublier

Embaucher son premier salarié est un moment clé dans la vie d’une entreprise. C’est aussi le moment où vous passez du statut de travailleur indépendant à celui d’employeur, avec toutes les obligations que cela implique. La liste des formalités est longue, et un oubli peut coûter cher. Ce guide pas-à-pas vous accompagne de la décision de recruter jusqu’à la fin de la période d’essai.

Avant le recrutement : les préparatifs indispensables

Identifiez votre convention collective

Avant même de rédiger une offre d’emploi, vous devez connaître la convention collective applicable à votre activité. C’est elle qui détermine les salaires minimaux, les classifications de poste, la durée de la période d’essai, les congés supplémentaires et de nombreuses autres règles. Votre code NAF (attribué par l’INSEE lors de la création de l’entreprise) vous oriente vers la bonne convention.

Inscrivez-vous comme employeur

Si vous n’avez jamais eu de salarié, vous devez vous inscrire auprès de plusieurs organismes. La bonne nouvelle : la Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) auprès de l’URSSAF déclenche automatiquement votre immatriculation comme employeur et l’affiliation de votre salarié aux organismes sociaux (assurance maladie, retraite, prévoyance).

Adhérez à un service de santé au travail

L’adhésion à un service de prévention et de santé au travail (SPST) est obligatoire dès le premier salarié. Ce service organisera la visite d’information et de prévention de votre salarié, qui doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste effective.

Les formalités obligatoires à l’embauche

Voici la checklist des formalités incontournables :

La DPAE (Déclaration Préalable à l’Embauche) : elle doit être effectuée au plus tôt 8 jours avant l’embauche et au plus tard au moment de la prise de poste. Elle se fait en ligne sur le site de l’URSSAF. Le non-respect de cette obligation est passible d’une pénalité pouvant aller jusqu’à 1 095 euros par salarié.

Le contrat de travail : pour un CDI à temps plein, le contrat écrit n’est pas légalement obligatoire (la DPAE et le bulletin de paie suffisent), mais il est très fortement recommandé. Pour un CDD, un temps partiel, ou un apprentissage, le contrat écrit est obligatoire. Dans tous les cas, rédigez un contrat complet.

Les mentions essentielles du contrat : identité des parties, date de début, poste et qualification, lieu de travail, durée du travail, rémunération (salaire de base + éventuelle partie variable), convention collective applicable, durée de la période d’essai et conditions de renouvellement, éventuelles clauses particulières (mobilité, non-concurrence, exclusivité).

Le registre unique du personnel : vous devez inscrire chaque salarié sur ce registre, par ordre chronologique d’embauche. Les informations à renseigner : nom, prénom, nationalité, date de naissance, sexe, emploi, qualification, date d’entrée (et de sortie le cas échéant), type de contrat.

L’affiliation aux organismes complémentaires : votre convention collective impose généralement la souscription d’une mutuelle d’entreprise et d’un contrat de prévoyance. L’employeur doit financer au minimum 50 % de la cotisation mutuelle.

Le salaire : ce qu’il faut savoir

Le salaire brut que vous versez à votre salarié n’est qu’une partie du coût total. En tant qu’employeur, vous payez des cotisations patronales qui représentent environ 25 à 42 % du salaire brut selon le niveau de rémunération et les exonérations applicables.

Le salaire ne peut pas être inférieur au SMIC (1 801,80 euros brut mensuel au 1er novembre 2024 pour 35 heures hebdomadaires) ni au minimum conventionnel correspondant à la classification du poste. Le minimum le plus favorable au salarié s’applique.

Pensez aux aides à l’embauche : selon le profil de votre salarié (jeune en alternance, demandeur d’emploi de longue durée, travailleur handicapé) et la taille de votre entreprise, vous pouvez bénéficier d’aides financières significatives. Renseignez-vous auprès de Pôle emploi (France Travail) et de votre OPCO.

Les obligations continues de l’employeur

L’embauche n’est que le début. En tant qu’employeur, vous avez des obligations permanentes :

La paie : le bulletin de paie doit être remis chaque mois. Il doit respecter un format précis avec des mentions obligatoires. La DSN (Déclaration Sociale Nominative) doit être transmise mensuellement aux organismes sociaux.

La santé et la sécurité : le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire dès le premier salarié. Vous devez évaluer les risques et mettre en place des mesures de prévention.

Les affichages obligatoires : horaires de travail, coordonnées de l’inspection du travail, consignes de sécurité, interdiction de fumer, numéros d’urgence. La liste est longue et les amendes peuvent atteindre 750 euros par infraction.

L’entretien professionnel : obligatoire tous les deux ans, il porte sur les perspectives d’évolution et les besoins en formation du salarié. Tous les 6 ans, un état des lieux récapitulatif doit être réalisé.

Les erreurs à ne surtout pas commettre

Ne pas faire de DPAE : c’est du travail dissimulé. Les sanctions sont lourdes : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour une personne physique.

Rédiger un CDD sans motif valide : le CDD n’est possible que pour des cas limitativement énumérés (remplacement, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier). Un CDD sans motif valide sera requalifié en CDI.

Oublier la mutuelle d’entreprise : depuis 2016, tout employeur du secteur privé doit proposer une couverture complémentaire santé à ses salariés. Le non-respect expose à des sanctions financières et à un redressement URSSAF.

Sous-payer le salarié : un salaire inférieur au SMIC ou au minimum conventionnel expose à des rappels de salaires sur 3 ans, des dommages et intérêts, et une majoration de cotisations URSSAF.

Conseil final : L’embauche du premier salarié est un cap important. Prenez le temps de bien vous préparer. Utilisez un assistant juridique IA pour vérifier chaque étape et n’hésitez pas à vous faire accompagner par votre expert-comptable ou un spécialiste du droit social pour les premières démarches. L’investissement en temps et en conseil au départ vous évitera des complications bien plus coûteuses par la suite.

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